Boutique Bummis

L'art d'être parents…naturellement !

Comment se fait-on à l’idée qu’une personne de notre entourage a perdu un enfant?

le avril 9, 2014

flo_school

Par Sandy Dumais, employée de la boutique Bummis et créatrice de Moon and Sparrow.

Plus tôt cette semaine, j’ai vécu une autre étape importante de la vie de parent; mardi matin, j’ai accompagné ma petite Flora à l’école primaire se trouvant de l’autre côté de la rue et l’ai inscrite à la maternelle en septembre prochain.

Par la suite, j’ai pris sa petite main si forte au creux de la mienne et nous sommes revenues à la maison. Je me sentais bien: fière et enthousiaste devant l’épanouissement de sa vie et heureuse de vivre tous ces moments (même les plus exigeants) nous ayant menés jusqu’ici. Nous allons bien, vous comprenez?

À la maison, j’ai apprêté le diner et me suis préparée à me rendre au travail. J’ai ramassé, rangé, nettoyé, peigné, préparé les sacs. Sans réfléchir, je me suis adonnée à ces tâches quotidiennes et à penser à la journée devant moi lorsque j’appris la nouvelle que ma voisine venait de perdre sa petite fille – une petite fille du même âge que ma Flo – ce matin-là. Elle était atteinte de leucémie.

Je savais que sa petite fille avait été malade l’année précédente. J’avais apporté quelques petits cadeaux à sa chambre d’hôpital. Le dessin d’un chat superhéros. Un loup en peluche.

Mon dieu, quelle nouvelle.

Depuis mardi matin, une pensée joue en boucle dans mon esprit. « POURQUOI? » se demande-t-il, « POURQUOI? POURQUOI? »

Absurdement, nos cerveaux tentent de trouver une réponse même lorsque nous savons pertinemment qu’il n’y en a pas.

C’est ce genre d’incident qui peuple les cauchemars de tous les parents.

Pour moi, la vie continue. Ma semaine, mon boulot, les repas. Pourtant, des vagues de larmes m’assaillent, apportant avec elles une douleur vive au centre de ma poitrine et je continue à me questionner, « Pourquoi? » Et de cette question, d’autres jaillissent: Pourquoi est-ce possible? Comment ça peut être? NON.

J’aimerais bien pouvoir me brasser les idées, les virer à l’envers, les examiner et trouver quelque chose en leur sein qui me réconforterait, qui me permettrait de me dire « Ahhh, oui! Au moins, il y a… » Mais ce n’est pas possible. Cette situation ne peut être expliquée.

La vie est ce qu’elle est. Malgré toute sa beauté, elle est parfois injuste. Cette pensée réussit à pincer, mais aussi à calmer mon esprit et mon coeur. La vie est injuste.

Est-ce que ce sont mes peurs de parent mortel qui font que je vibre aussi profondément à cause de cette histoire? Probablement, puisque les « si » nous accompagnent dès la conception de notre enfant, et ce, à chaque fois que nous entendons des histoires choquantes à propos d’enfants. Pourtant, il y a d’autres questions plus profondes qui me trottent maintenant en tête. À chaque fois que je pose un regard sur mes enfants, ma cuisine, ma maison, ma vie, je ne peux m’empêcher de me demander « Pourquoi? Pourquoi moi? Pourquoi j’ai la chance de vivre cette vie si heureuse? »

Ça ne peut arriver à de vraies personnes ce genre de chose.

Mais oui, ça arrive et c’est arrivé. Je la voyais toujours cette adorable fillette et j’ai de la difficulté à y réfléchir sérieusement.

Ensuite, je regarde ma propre fille et je vois une petite personne de 4 ans et toute sa magie. Parfaite sous tous ses plis. Je regarde Flora et son mignon petit corps de 4 ans et j’ai de la difficulté à croire qu’il m’est permis de la serrer dans mes bras chaque soir. Ce matin, en humant l’odeur de mes enfants, je me suis sentie incroyablement chanceuse. Je me suis fait des promesses intenables: je ne me plaindrai plus jamais, je ne me fâcherai plus contre eux, etc.

Ce n’est pas réaliste.

Afin d’en venir à accepter la situation, je devrai cesser de la voir comme mon cerveau me la présente; comme une tragédie.

Voici donc ce que je pense. Une personne ne peut se voir caractérisée simplement par un incident tragique, dans le cas de cette famille, le cancer de leur fillette. Nous devons considérer l’histoire complète, non? Tous les autres moments qu’ils ont partagés, qu’ils partagent et qu’ils partageront.

Je crois qu’ici et maintenant, à tout moment, nous allons bien. Nous pouvons décortiquer les grands moments comme les mauvais en tout petits micro-moments où nous allons bien. L’histoire de cette famille est composée de petits moments de bonheur et de joie et leur cheminement est important et unique à eux; et d’une certaine façon, c’est ce qui est parfait.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :