Boutique Bummis

L'art d'être parents…naturellement !

Edyta

le septembre 28, 2012

Ma première expérience de l’allaitement remonte à mes 8 ans, lorsqu’une de mes tantes qui avait un bébé était venue nous rendre visite. À un moment donné, elle m’a demandé si je voulais voir comment le bébé allaitait et nous sommes allées dans ma chambre.  Elle m’a demandé de baisser les stores et d’être très silencieuse pour que le bébé ne soit pas dérangé. Cette scène, ma tante allaitant mon petit cousin, m’a semblé très mystérieuse et compliquée, comme un rituel que seules certaines personnes savent opérer.


Lorsque j’étais enceinte, j’ai lu quelques livres de Ina May Gaskin et je me préparais à jouer le même rituel. J’ai été très excitée lors que, au troisième trimestre, un peu de colostrum commençait à se faire voir. C’était pour moi un signe que mon corps se préparait pour le bébé. Durant ma grossesse, mes seins n’ont pas cessé de changer, c’était excitant et étrange. Une chose à laquelle je ne m’attendais absolument pas.

Après la naissance, mon bébé a immédiatement commencé à téter. Lorsque j’étais enceinte, j’ai appris que les bébés rampent instinctivement vers le sein après la naissance. J’ai laissé mon bébé le faire et elle l’a fait, une fois qu’elle a trouvé le mamelon, elle a commencé à téter très fort. À ce propos : il faut mentionner que je n’ai pas eu de péridurale (ce qui peut apparemment interférer avec la capacité du bébé à chercher le mamelon). J’étais à la maison de naissance et lorsque j’ai demandé la péridurale, mon mari et la sage-femme on cru que je faisais une blague !

Alors que mon bébé a continué à allaiter, mes mamelons sont devenu de plus en plus irrités. J’avais des ampoules et ils ont commencé à saigner un peu. La peau cicatrisait un peu après l’allaitement, mais empirait lorsque ma fille recommençait à téter.

Nous avons dû passer plusieurs jours à l’hôpital après l’accouchement, et la plupart du temps, j’étais poitrine nue, pour permettre à mes mamelons de guérir le plus possible entre les tétées – ce qui n’a pas manqué de choquer les infirmières du service obstétrique. Mais ils ne guérissaient pas et j’avais peur de ne plus pouvoir allaiter. Ça me faisait mal chaque fois que le bébé allaitait.

J’ai heureusement eu le soutien d’une consultante en lactation, de mon accompagnante et de la sage-femme. Elles ont toutes était d’une grande ressource et m’ont suggérer de meilleures façons de mettre le bébé au sein. Ça m’a un peu aidée, mais ça restait toujours très douloureux. La consultante en lactation a dit que le bébé pouvait avoir une légère ankyloglossie et qu’il faudrait peut-être la couper. Mais après quelques jours, mon bébé a commencé à apprendre comment téter sans me faire mal et mes mamelons se sont endurcis. Environ une semaine après la naissance, nous avons décidé de ne pas faire de frénectomie.

Mon expérience de l’allaitement n’est pas la même que celle de mes tantes : je n’ai pas besoin de quitter la pièce lorsque mon bébé a besoin de manger, je ne m’arrête pas de parler aux gens et je n’ai même jamais pensé à tamiser la lumière. J’ai de la chance d’avoir un bébé avec beaucoup d’appétit, qui peut manger n’importe où et n’importe quand, et de faire partie d’une communauté qui soutient l’allaitement. C’est très pratique de pouvoir amener son bébé partout sans avoir à lui préparer à manger.

Je n’ai acheté aucun vêtement ou accessoire d’allaitement pendant que j’étais enceinte, pensant que je saurais ce dont j’ai besoin une fois que je commencerais à allaiter mon bébé. C’était une bonne décision, parce que, finalement, je n’ai pas besoin de grand chose. Je n’ai aucun débardeur ni brassière d’allaitement. Je porte juste des cardigans avec des encolures larges, une brassière extensible et une camisole. Pour les accessoires, j’ai trouvé les compresses en laine très réconfortantes pendant les premiers jours.

Je me sens particulièrement chanceuse de pouvoir allaiter mon bébé lorsqu’elle est dans un porte-bébé ou dans une écharpe. J’ai un Ergo, une écharpe extensible et un Wrapsody. L’écharpe extensible m’a sauvée la vie quand ma fille était petite et qu’elle avait des coliques. Je la mettais dans l’écharpe, je l’allaitais, et je continuais ma routine quotidienne. Maintenant qu’elle est plus grande et plus lourde, j’arrive à travailler au bureau de Bummis parce que mets mon bébé dans un Ergo ou un Wrapsody. Elle allaite quand je la transporte puis s’endort. Je n’ai même plus besoin de penser à l’allaiter quand je la transporte. C’est devenu une habitude.

L’allaitement la nuit est aussi devenu une de nos habitudes. Quand je pose mon bébé sur le lit quand elle a sommeil, elle s’étire et ouvre sa bouche, prête à manger. Elle prend le sein pour s’endormir et mange quelques autres fois dans la nuit, alors que nous dormons tous les deux. Le sommeil partagé et l’allaitement veulent dire que j’ai pu dormir toute la nuit depuis qu’elle a une semaine. Mais ça veut aussi dire que, certaines nuits, elle a mon mamelon dans sa bouche du moment où je me couche au moment où je me lève. Et qu’à cause de ça, c’est moi qui la nourrit, et pas mon partenaire : je suis la seule qui peut l’endormir et la réconforter pendant la nuit.

Allaiter rend ma vie plus facile, mais ça reste un travail temps plein assez demandant. Quand j’allaite, mon corps travaille constamment pour produire plus de lait et mes sens sont stimulés. Mais ça vient avec le sentiment que j’ai toujours quelque chose qui va faire du bien à mon bébé, quelque chose qui est parfait pour elle. Je sais qu’elle n’aura jamais faim, tant qu’elle sera avec moi. Je sens aussi que l’allaitement est bien plus que juste une histoire de nutrition physique.

Récemment, mon bébé, qui a toujours faim, est devenue intensément intéressée par notre nourriture, et nous avons commencé à lui donner des petits morceaux d’aliments solides. Elle a aussi commencé à prendre du riz de lait. Ça marque pour nous une nouvelle étape de l’allaitement, relâcher un peu l’attachement. Petit à petit, elle devient plus indépendante. J’ai vraiment l’impression que l’allaitement a donné à mon bébé la nutrition et le sentiment de sécurité qui va lui permettre de découvrir le monde avec confiance, sans avoir peur.

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