Boutique Bummis

L'art d'être parents…naturellement !

Encore un petit pas vers une prise de conscience sur l’accouchement au Québec

le décembre 1, 2011

Image tirée du film – Christy Turlington et son bébé

 

Hier soir, nous étions tout un groupe d’employées de Bummis à assister à la projection du film More Business of Being Born. Il s’agissait en fait de l’un des quatre volets de la suite de Business of Being Born, un documentaire sur l’état des conditions de naissance aux États-Unis. Le volet que nous avons vu se concentrait sur les doulas, les options de naissances et les césariennes.

 

Le film était bien ficelé et clair. Les futures mamans dans la salle de la Maison Théâtre ont certainement dû apprendre quelques faits. Par exemple, que les césariennes sont banalisées et qu’elles ont augmenté du double dans les 20 dernières années (au Brésil, selon le film, ce taux atteint même 93%), alors que ni la taille des bébés, ni les complications de naissance n’ont connu d’augmentation ; on tend à pratiquer de plus en plus d’inductions de naissance pour les grossesses qui dépassent leur terme à l’aide de pétocine, une version synthétique de l’hormone oxytocin, l’hormone qui se mobilise pendant le travail ; ou encore, que certaines femmes se font offrir une péridurale alors qu’elles ne sont qu’à 2 ou 5 cm de dilatation (c’est à dire pas du tout prêtes !), comme s’il fallait se dépêcher à mettre au monde le bébé.

 

Même pour nous, les employées de Bummis, qui avons été formées et informées sur tous ces faits, il est toujours un peu alarmant de voir que la plupart des femmes arrivent le jour de leur accouchement sans trop savoir comment tout cela fonctionne ; souvent, il est alors un peu tard pour faire un choix éclairé, surtout quand plein de spécialistes nous disent ce qu’on devrait faire et qu’on est en train de vivre l’un des moment les plus intense de notre vie !

 

Mais bien que le film ait été informatif, la discussion qui a suivi a permis de nuancer un peu ce dense agglomérat d’informations. Isabelle Brabant (sage-femme), Luisa Ciofani (infirmière obstétrique), Dre. Stephanie Morel (docteure de famille spécialisée dans le soin des nouveaux-nés à l’hôpital St-Mary) et Lesley Everest (fondatrice de MotherWit Doula Care) ont toutes quatre commenté le film, chacune avec la perspective relative à leur domaine.

 

Du côté des faits, nous avons donc appris que le taux de 93% de césariennes au Brésil était plus précisément basé dans les cliniques privées des grandes villes. Ailleurs dans le pays, quelques 35 000 sage-femmes, dont la profession est illégale dans ce pays, aident les femmes à avoir un accouchement vaginal, parfois même naturel (c’est-à-dire sans aucune intervention médicale). Le Québec, lui, a le taux de césarienne le plus faible de toute l’Amérique du nord, mais cela n’empêche pas, selon les intervenantes de la discussion, que beaucoup de mythes subsistent autour de cette « naissance chirurgicale » : on la dit plus sécuritaire, plus rapide et moins douloureuse. En fait, ce n’est pas le cas. Par ailleurs, avons-nous appris, les bébés nés par césarienne et dont les poumons n’ont pas été compressés par le « trajet » de l’accouchement vaginal ont plus de risques de ne pas pouvoir prendre leur première respiration une fois sortis. Et pour la mère, la période de convalescence de 6 semaine qui suit la césarienne peut être d’autant plus éprouvante qu’elle doit aussi et avant tout nourrir son enfant ou tout simplement l’accueillir dans sa vie.

 

Du côté médical, justement, il était intéressant d’entendre l’expérience des participantes. Lesley Everest, doula depuis 18 ans, commentait le film en nous expliquant qu’en moyenne, une première naissance dépasse la date prévue de 8 jours. Pourquoi alors se précipiter de pratiquer une induction, surtout lorsqu’on sait qu’elle présente des risques et qu’elle accroît la douleur des contractions de façon exponentielle ?!

 

Isabelle Barbant, pour sa part, différenciait la situation des sage-femmes aux États-Unis (donc, dans le film) et au Québec : aux États-Unis, la législation diffère dans chaque état. Il y a donc autant que types de sage-femmes que d’états américains, ce qui ne facilite pas la reconnaissance de leur travail. Au Québec, il n’y a tout simplement pas assez de sage-femmes pour en former de nouvelles, et les listes d’attentes sur lesquelles les futures mamans doivent s’inscrire pour en avoir une sont souvent interminables.

 

C’est d’ailleurs Isabelle qui a eu le mot de la fin de cette soirée très riche : « il faut que la voix des parents s’élève pour réclamer que les choses changent » : mettre en place un programme d’études pour devenir sage-femme à Montréal, promouvoir le rôle des doulas, informer les jeunes femmes plus tôt sur les réalités et les choix qu’elles auront si elles vivent une grossesse, parler des réalités médicales de l’accouchement dans les médias, se préparer mieux face à un système hospitalier qui n’a pas le temps de donner aux mères un choix éclairé et, pour reprendre le sous-titre du film : explorer ses options.

 

Si vous avez assister à la projection, faites-nous parvenir vos réaction !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :