Boutique Bummis

L'art d'être parents…naturellement !

Devenir une maman…de jumeaux – par Jenna R., blogueuse invitée

le novembre 3, 2011

Jenna est une ancienne employée de la Boutique Bummis à Montréal. Elle étudie actuellement pour devenir sage-femme et est la maman de jumeaux de 7 mois. Au cours des prochains mois, elle va partager quelques unes de ses expériences en tant que parent de jumeaux. Dans ce premier blog, elle explique comment elle a réconcilié son image de maman alors qu’elle ne s’attendait pas à avoir des jumeaux.

 

Une fois, j’ai été la nounou d’une petite fille de 10 mois. Ses parents la nourrissaient avec des suppléments pour bébé, la changeaient avec des couches jetables et on la transportait dans de ces poussettes très difficiles à manier. J’étais préoccupée à l’idée d’avoir mes propres enfants, surtout quand je promenais ce bébé dans sa poussette, incapable de la voir réagir, de chanter ou de rire avec elle à moins que je m’arrête et que je fasse le tour pour être face à elle. Je détestais cette poussette, je détestais préparer les suppléments et nettoyer les biberons et j’étais carrément dégoûtée par les couches en plastique. Je savais que pour mes propres enfants, je voulais allaiter, surtout parce que ma mère m’avait allaitée jusqu’à mes 2-3 ans. Et je connaissais un peu les couches lavables parce que ma mère en avait utilisé avec mon petit frère (beaucoup plus jeune que moi). J’ai quitté mon travail de nounou quand j’ai été engagée à la Boutique Bummis où j’ai découvert tout un monde d’options de parentage qui me ressemblaient totalement.

Pendant les semaines de formation à la Boutique Bummis, j’avais tout une ribambelle de pensées comme « Bien sûr ! C’est tellement logique ! ». Je suis devenue fascinée par les porte-bébés et j’ai appris tout ce que je pouvais à leur sujet. On vendait déjà l’écharpe Didymos et je passais tout mon temps libre à la boutique à pratiquer les nœuds avec les bébés en plastique (qui sont assez lourds pour donner la sensation de porter un vrai bébé). J’ai appris les positions frontales ou sur le dos et ai même utilisé deux oursons pour m’entraîner aux positions de jumeaux. Je n’avais à l’époque aucune idée que ces connaissances-là allaient un jour me servir personnellement.

 

 

Saut dans le temps pour arriver à Novembre 2010. J’avais 31 ans, enceinte de 20 semaines et à 3 ans d’un programme de 4 ans pour devenir sage-femme. Pour plusieurs raisons, mon partenaire et moi avions décidé de ne pas avoir d’échographie trop tôt pendant la grossesse. Alors, à 20 semaines et 3 jours, nous avions entendu le battement de cœur de notre bébé avec le Doppler portatif à notre clinique de sages-femmes, mais personne n’avait encore vu « l’intérieur ». Il y avait des blagues comme quoi j’avais des jumeaux. Mon ventre s’était montré assez tôt mais il n’était pas si large, alors les gens me faisaient un petit geste désinvolte et me disaient : « Oh, tu es juste si mince ». Deux autres femmes dans ma classe de sage-femme étaient aussi naturellement tombées enceintes de jumeaux cette année-là. Les chances qu’une troisième femme parmi ce petit groupe ait aussi des jumeaux était si peu probable que même si tout le monde plaisantait sur moi, personne ne croyait que c’était vraiment possible.

 

 

Un beau jour de novembre, mon conjoint et moi avons pris nos vélos pour aller à la clinique d’échographie. J’ai demandé à l’échographiste de confirmer le nombre de fœtus. Je lui ai dit : « il y a cette blague comme quoi j’aurais des jumeaux », et j’ai raconté l’histoire des deux autres femmes dans ma classe. Elle a rapidement fait un scan de mon ventre et dit vivement : « Un bébé ! ». Après ça, nous nous sommes détendus et on a observé avec bonheur les coups de pied, le petit battement de cœur et la petite tête ronde. Vers la fin de l’examen, elle avait du mal à localiser une petite structure du cerveau. Elle est allée chercher l’aide d’un autre échographiste. Quand elle est revenue, elle a replacé le capteur sur mon ventre et a dit « Huh ». On a demandé « Quoi ? » Elle a encore bougé le capteur et d’un seul coup, il y avait quatre pieds sur l’écran, bougeant lentement de temps à autre comme s’ils dansaient. Je n’y croyais pas. Elle a bougé sa main encore une fois et elles étaient là, deux petites têtes qui se faisaient face à travers une fine membrane ondulante. J’ai éclaté en sanglots. Elle donna un petit coup de poignet et il y avait deux battements de cœur. Trois battements de cœur dans mon corps, le plus grand d’entre eux battant à ce moment-là très fort. « Eh bien, vous allez être ici pour un petit bout de temps », me dit-elle. « Il faut qu’on reprenne toutes les mesures pour le deuxième bébé ».

 

 

Le deuxième bébé. Cette nuit-là, je n’ai pas dormi. Je me sentais comme sitout  ce que j’avais imaginé sur le fait d’être une nouvelle maman s’était envolé par la fenêtre. L’image que j’avais de moi et de mon (unique) bébé emmitouflé dans un porte-bébé, embarquant et débarquant du métro facilement était soudainement remplacée par une nouvelle image où je me débattais avec une poussette double sur des trottoirs plein de neige. La naissance à la maison que j’avais planifiée devenait risquée et contre-indiquée. Une naissance avant terme, le besoin de pomper le lait, les biberons et même les formules de suppléments devinrent des possibilités réelles. J’avais l’impression de perdre contrôle.

J’ai vraiment de la chance de vivre en Ontario, où les soins de sage-femme sont intégrés au système de santé. J’ai pu planifier une naissance à l’hôpital sous la supervision de ma sage-femme, avec des obstétriciens spécialistes comme consultants. J’ai fait les plans de parentage que je voulais, indépendamment de combien de bébés j’allais avoir. Dans les prochaines semaines, je vais vous raconter quelques unes de nos histoires sur le portage de bébés, les couches lavables et comment j’ai jusqu’à aujourd’hui allaité mes petits jumeaux de 7 mois exclusivement au sein. C’est possible ! Restez branchés.

(Rédigé pour le Bummis Blog, traduit par Léa de Bummis)

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