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L'art d'être parents…naturellement !

Histoire d’une naissance : Alice

le septembre 22, 2011

Claudia est une blogueuse et une cliente de Bummis. Elle partage avec nous l’histoire de la naissance de sa fille, Alice !

 

Durant ma grossesse, mon docteur et ma doula m’informaient qu’un plan de naissance strict mènerait seulement à de la déception. Sans hésitation, je disais que je ne pouvais pas tout contrôler et que j’étais prête à prendre des routes différentes si nécessaire. Je réalise maintenant que je n’étais pas aussi honnête que je le laissais paraître.

 

La manière dont cette aventure a commencé m’a légèrement déstabilisée. Selon mes cours prénataux, la perte des eaux arrive généralement longtemps après les  premières contractions. Ainsi, quand elle s’est produite dans mon sommeil, la première chose qui m’est venue à l’esprit était une situation extrême d’incontinence. Debout, encore endormie, un liquide chaud coulait le long de mes jambes. Et en même temps, mon chien s’acharnait à lécher toute l’eau qui se trouvait sur le sol ! Je n’avais aucune contraction.

 

Une fois rendue à l’évidence, j’ai contacté la salle d’accouchement et ma doula. Toutes deux nous ont recommandé de nous diriger vers l’hôpital. En attendant notre ami avec sa voiture, j’ai dit au revoir à la phase de travail que je prévoyais de faire dans le confort de ma maison. Nous sommes arrivés à l’hôpital à 4h00. J’avais seulement des contractions très faibles.

 

Pendant que nous nous installions dans notre chambre, mes contractions se sont intensifiées drastiquement. En moins d’une heure, j’avais des contractions de 60 secondes toutes les 3 minutes et j’étais dilatée de 2 centimètres. Pendant 6 heures, déterminée à avoir un accouchement naturel, je suis passé par un tourbillon de techniques : bains chauds, exercices de respiration, vocalisations, visualisations, etc. Quand tout a échoué, j’ai seulement trouvé un peu de confort sur le ballon de naissance pendant que mon conjoint me faisait des points de pression au bas du dos.

 

À 11h00, une infirmière est venue m’examiner. Après toute cette douleur, j’étais prête à ce qu’on me donne de bonnes nouvelles. Malheureusement, j’étais toujours à 2 centimètres. Quand l’infirmière a quitté la chambre, j’ai été prise de panique. J’étais en sueur sur le ballon de naissance, tremblante, faible à force de vomir et, quand j’avais une forte contraction, j’avais l’impression de perdre connaissance.

 

Il était clair que mon corps ne pouvait plus continuer de cette manière. J’étais un échec total. J’allais être une de ces femmes qui sont amères suite à leur accouchement. J’évitais le regard de mon conjoint  et je ne voulais plus parler à ma doula. Je ne pouvais plus supporter la douleur, je la combattais inutilement. J’ai demandé une péridurale à 11h30. Je me suis endormie dès que la douleur s’est arrêtée.

 

Quand je me suis réveillée à 13h00, j’ai eu une discussion avec ma doula. Lentement, elle m’a convaincue que c’était la bonne décision. Chaque femme et chaque accouchement est unique. J’étais bien informée, j’avais essayé plusieurs techniques et j’ai finalement opté pour une péridurale. Il était maintenant temps de continuer mon chemin. J’étais dilatée à 5 centimètres.

 

À 15h00, j’ai eu un autre examen. Même avec des contractions régulières, rien n’avait changé. L’infirmière m’a proposé des doses faibles d’ocytocine mais elle ne mettait aucune pression sur moi. Elle était bien consciente que je pleurais toujours mon accouchement naturel. J’ai demandé 30 minutes supplémentaires. Quand elle est revenue, elle m’a regardé avec un grand sourire: “Il est temps de pousser”. J’étais dilatée à 10 centimètres. Cette infirmière est maintenant convaincue qu’elle a un pouvoir spécial de dilatation !

 

À ma grande surprise, même avec la péridurale, je pouvais déplacer mes jambes normalement, soulever mes hanches et sentir les contractions. Mon obstétricienne m’a alors proposé un banc de naissance. Pendant que je regardais autour de moi, je me suis rendue compte que je n’étais pas simplement une femme qui allait accoucher. Je faisais partie d’une “équipe” et nous avions tous des tâches spécifiques. Mon conjoint me soutenait émotionnellement, ma doula apportait des conseils psychologiques et l’équipe médicale me donnait des recommandations sur des aspects physiques. Soudainement, j’ai senti un besoin intense de pousser.

 

La poussée fut une expérience surréelle. La culpabilité de la péridurale avait disparu, je me sentais forte, puissante et en contrôle. J’étais si concentrée que les infirmières se sont inquiétées. Mon conjoint m’a dit que je donnais l’impression d’être en transe. Les yeux fermés, je respirais selon les enseignements de mon cours de yoga prénatal. Entre chaque contraction, je déplaçais lentement ma tête de gauche à droite et souriais paisiblement. Quand il était temps de pousser, j’arquais mon dos, je soulevais légèrement mes hanches et j’ apportais toute mon attention aux sensations dans mon corps. J’ai poussé sur le banc de naissance pendant plus d’une heure. Mon “équipe” m’encourageait sans arrêt.

 

Alice est née à 17h20. Elle avait les yeux grands ouverts.

 

Donner naissance à Alice a été le moment le plus extraordinaire de ma vie. Ça ne s’est pas déroulé comme prévu, mais je ne changerais aucun aspect. Je ne suis pas amère à cause de mon accouchement. Au contraire, cette aventure a fait de moi une femme plus forte et avec un nouveau niveau d’estime de soi qui, je l’espère, me guidera dans ma nouvelle vie de mère.

 

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Nous aimerions lire d’autres histoires de naissance ! Si vous voulez partager votre histoire sur notre blogue, écrivez-moi un courriel ! lea (at) bummis (point) com

{Images via Aux petits oiseaux}

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