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L'art d'être parents…naturellement !

Réflexions sur la culpabilité et la joie, par Betsy

le août 9, 2011

Ces derniers temps, sur la page Facebook de notre boutique, nous avons eu une tonne de discussions à propos de l’allaitement et des substituts pour bébés. Et ça a provoqué beaucoup d’émotion chez les mamans – à la fois négative et positive. Je me demande alors, même si on dit souvent pour la forme qu’une maman ne devrait pas se sentir coupable des choix qu’elle fait, si on donne vraiment aux mamans le bénéfice du doute… Est-ce qu’on se rend compte de la complexité des choix que les femmes doivent faire ? Parfois, une maman qui n’allaite pas fait ce choix parce que, pour toutes sortes de raisons, allaiter la rendrait en colère, irritée et amère. Et elle fait ce qu’elle a besoin de faire afin d’être un bon parent.

 

 

Les enfants de Betsy

Quand mon premier bébé a eu 15 mois, je suis tombée enceinte du deuxième. J’allaitais encore et je n’avais pas vraiment envie d’arrêter, mais je ne connaissais rien de rien… Alors je suis allée voir la chef de file de La Ligue La Lèche qui allaitait en tandem ses deux premiers bébés. Après avoir passé une heure avec elle, j’ai fermement décidé de NE PAS allaiter en tandem à moins que ça se révèle être une expérience divinement agréable. Elle n’arrêtait pas de répéter combien c’était important pour elle de le faire avec ses enfants, et même si elle n’y prenait pas plaisir, elle le faisait de toute façon parce que c’était bon pour eux.

 

À ce moment là, je me suis rendue compte que ce qui est bon pour moi est bon pour mes bébés, et que si je me force à faire quelque chose qui me met mal à l’aise, ce n’est plus une joie mais une obligation et ils le sentent ; même si je me permets jamais de me plaindre devant eux, ils vont savoir que je ne suis pas heureuse. Et des mamans qui ne sont pas heureuses font des bébés puis des adultes qui ne sont pas heureux non plus, et tout ce cirque continue pour des générations. Et cette question est particulièrement chargée PARCE QUE nous sommes des femmes et que nos corps et nos limites ont déjà pu être compromis à un moment donné de notre vie, ce qui fait alors de ce problème un problème également féministe et politique.

 

Depuis ce moment, il y a une métaphore à laquelle je reviens sans cesse en tant que parent : celle d’être dans un avion avec son enfant, alors que tout à coup, la cabine est dépressurisée et on a besoin d’oxygène. Le masque tombe en face de nous et notre instinct en tant que parent est de mettre le masque sur le son enfant EN PREMIER. Mais, en fait, il faut se le mettre en premier, parce que si on est inconscients, on ne peut pas aider son enfant et alors peut-être qu’aucun de nous ne survivra. Sauvez-vous en premier. En appliquant ça à l’art d’être parents, je pense qu’il est VRAIMENT important que l’on prenne soin des mamans, et qu’on leur donne les moyens d’être bien, parce que si elles sont fortes et joyeuses, elles vont le transmettre à leurs enfants.

 

Je crois fortement que, de cette manière, on peut vraiment interférer avec et même briser le cercle des abus, des exploitations et de la déresponsabilisation qui rend les gens si cruels et inconscients ! Et je SAIS par expérience (la mienne et celle d’autres) qu’accoucher ou allaiter sans ingérences, et suivre le chemin de ses intuitions, peut être une expérience joyeuse et constructive qui nous aide à guérir nos vies et nos familles.

 

J’ai alors arrêté d’allaiter mon premier bébé quand mes seins sont devenus vraiment sensibles pendant ma grossesse et que c’était devenu désagréable ; et je n’ai finalement pas allaité en tandem. J’ai recommencé à allaiter mon deuxième fils jusqu’à ce que je sois enceinte du suivant et que ça commence à me déranger. Puis, plus tard, quand j’ai eu mon troisième bébé, je l’ai allaité jusqu’à ce qu’il ait 3 ans – pas toute la journée, mais le matin, à la sieste et pour aller se coucher, etc. Je travaillais fort pour démarrer mon entreprise et j’étais parfois partie, et la connexion de l’allaitement était importante pour nous deux.

 

Mais quand j’ai arrêté, c’était simplement parce que je n’aimais plus la sensation. Je me sentais comme une maman chat qui se lève, secoue ses chatons qui sont à la mamelle et qui s’en va. Mon mari était triste pour mon fils, il disait « Mais Bets, il est tellement jeune ! », ce que nous trouvons drôle maintenant qu’on y pense ! Mais je savais que si j’avais continué, je serais devenue irritée de le faire. Mon fils l’aurait senti, ça serait devenu une partie de mon ADN émotionnelle et je ne voulais pas ça. Je préfère qu’il se sente coupable de tous les problèmes qu’il nous a causé quand il était ado à la place….mais bon, ÇA c’est une autre histoire…

 

Blog traduit par Léa J.

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One response to “Réflexions sur la culpabilité et la joie, par Betsy

  1. Je suis tellement d’accord avec vous à propos de se sauver soi-même avant de sauver les autres. En prenant soin de nous, en étant à l’aise, c’est pas mal plus facile de prendre soin des autres et d’être à l’aise en général.

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